En bref
L’Assurance maladie rembourse de nombreux matériels médicaux à domicile, en location comme à l’achat, à trois conditions : que le matériel soit inscrit sur la liste officielle (LPP), prescrit par un médecin et fourni par un prestataire agréé. La location (lit médicalisé, matelas anti-escarres, lève-personne…) est prise en charge à 65 % (100 % en ALD). Les fauteuils roulants sont remboursés à 100 % depuis fin 2025.
Beaucoup de matériel médical nécessaire au maintien à domicile peut être pris en charge par l’Assurance maladie, souvent en location. Comprendre le mécanisme du remboursement permet d’en bénéficier sans avance de frais. Voici comment ça marche, dans le cadre du matériel et de l’équipement adaptés. Cet article ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
La liste des produits remboursables (LPP)
Le remboursement du matériel médical repose sur la LPP (Liste des Produits et Prestations remboursables), aussi appelée LPPR. C’est le document officiel de l’Assurance maladie qui recense tous les dispositifs médicaux pris en charge, des pansements aux fauteuils roulants. Le principe est simple : si un équipement figure sur cette liste (identifié par un code), il peut être remboursé ; s’il n’y figure pas, il reste en principe à la charge de la personne (sauf éventuelle prise en charge par une mutuelle). Chaque produit inscrit a un tarif de base qui sert au calcul du remboursement. Ce tarif de base n’est pas toujours le prix réel : si le fournisseur facture plus cher, un reste à charge peut subsister, souvent couvert par la complémentaire santé.
Les trois conditions du remboursement
Pour qu’un matériel médical soit remboursé, trois conditions cumulatives doivent être réunies :
- le matériel est inscrit sur la LPP (il possède un code de remboursement) ;
- il est prescrit par un médecin (ou un professionnel habilité pour certains dispositifs) ;
- il est acheté ou loué chez un fournisseur agréé par l’Assurance maladie (pharmacie, magasin de matériel médical, prestataire de santé à domicile).
Si l’une de ces conditions manque, le remboursement ne s’applique pas. C’est pourquoi il faut toujours passer par une prescription et un fournisseur agréé, plutôt que d’acheter du matériel médical sans ordonnance dans un circuit non conventionné.
Location ou achat : ce qui est remboursé
Pour de nombreux équipements lourds utilisés à domicile, c’est la location qui est prise en charge. La location est remboursée à 65 % du tarif de base pour la plupart des équipements (100 % en cas d’affection de longue durée). Sont notamment concernés par la location remboursée : le lit médicalisé, le matelas anti-escarres, le lève-personne, le verticalisateur, ou encore certains équipements pour l’oxygénothérapie. La location présente l’avantage d’inclure la maintenance par le prestataire et de s’adapter à la durée réelle du besoin. Pour certains matériels, l’achat reste possible et remboursé, mais pour d’autres (comme le lit médicalisé), seule la location est désormais prise en charge.
Les fauteuils roulants remboursés à 100 %
Une évolution majeure concerne les fauteuils roulants : depuis fin 2025, ceux inscrits à la LPP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, en achat comme en location. Cette réforme supprime le reste à charge pour de nombreux modèles, ce qui facilite grandement l’accès à ce matériel essentiel à la mobilité. Les mêmes conditions générales s’appliquent (inscription à la liste, prescription, fournisseur agréé), et certains modèles ou options très spécifiques peuvent nécessiter une demande d’accord préalable. Cette prise en charge intégrale est une bonne nouvelle importante pour les personnes concernées et leurs familles, qui n’ont plus à assumer un coût souvent élevé pour un fauteuil adapté.
Comment procéder et compléter le remboursement
La démarche type est la suivante : obtenir une prescription médicale, s’adresser à un prestataire ou une pharmacie agréés, qui fournissent le matériel et se chargent des formalités de remboursement (souvent avec tiers payant, donc sans avance de frais pour la part Sécu). Pour la part non remboursée par l’Assurance maladie (le ticket modérateur), la mutuelle intervient généralement. En cas de reste à charge important ou pour des équipements non remboursés, il est possible de mobiliser d’autres aides : l’APA dans le cadre d’un plan d’aide, la PCH en cas de handicap, ou des aides des caisses de retraite. Le prestataire, le pharmacien et l’assistante sociale peuvent renseigner et accompagner ces démarches.
Le rôle clé du prestataire de santé à domicile
Pour le matériel médical lourd installé à la maison, le prestataire de santé à domicile joue un rôle central qu’il est utile de bien comprendre. Ce professionnel agréé ne se contente pas de livrer le matériel : il l’installe, en explique le fonctionnement à la personne et à ses aidants, assure la maintenance et le dépannage, et gère les formalités de remboursement avec l’Assurance maladie. En cas de panne d’un lit médicalisé ou d’un autre équipement loué, c’est lui qu’on contacte, et il intervient sans frais supplémentaires. Il adapte aussi le matériel à l’évolution des besoins. Choisir un prestataire sérieux, réactif et proche géographiquement est donc important pour un accompagnement de qualité dans la durée. Le médecin, le pharmacien ou le service social de l’hôpital peuvent orienter vers des prestataires agréés fiables. Cette prestation de service, incluse dans la location, fait toute la valeur du système : elle décharge la famille de la gestion technique du matériel.
Anticiper une sortie d’hospitalisation
Une grande partie des besoins en matériel médical à domicile surgit au moment d’une sortie d’hospitalisation, lorsque la personne rentre chez elle avec une autonomie réduite. Anticiper cette transition évite bien des difficultés. Idéalement, le matériel nécessaire (lit médicalisé, fauteuil, matelas adapté…) est prescrit et commandé avant la sortie, pour être installé le jour du retour à domicile, voire la veille. Le service social de l’hôpital et l’équipe soignante organisent souvent cette anticipation, en lien avec un prestataire. Il ne faut pas hésiter à aborder ces questions avec eux dès que possible, sans attendre le dernier moment. Une sortie bien préparée, avec le matériel en place et les aides enclenchées, conditionne la réussite du retour à domicile et évite les ruptures de prise en charge. Pour les proches, se rapprocher du service social hospitalier est le bon réflexe pour organiser sereinement ce moment souvent délicat.
Questions fréquentes
Quelles conditions pour être remboursé ?
Trois conditions cumulatives : le matériel doit être inscrit sur la LPP, prescrit par un médecin, et fourni par un prestataire agréé par l’Assurance maladie.
Qu’est-ce qui est remboursé en location ?
Le lit médicalisé, le matelas anti-escarres, le lève-personne, le verticalisateur, certains équipements d’oxygénothérapie : à 65 % du tarif de base (100 % en ALD).
Les fauteuils roulants sont-ils bien remboursés ?
Oui : depuis fin 2025, les fauteuils inscrits à la LPP sont pris en charge à 100 %, en achat comme en location, sur prescription et via un fournisseur agréé.
Qui couvre le reste à charge ?
La mutuelle couvre généralement le ticket modérateur. Pour un reste à charge important, l’APA, la PCH ou les caisses de retraite peuvent aussi contribuer.
Sources
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin. Les conditions et taux de remboursement sont indicatifs pour 2026 et évoluent ; vérifie auprès de l’Assurance maladie et d’un prestataire agréé.

