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PCH : la prestation de compensation du handicap

En bref

La PCH (Prestation de compensation du handicap) est une aide de la MDPH qui finance les conséquences d’un handicap : aide humaine, technique, aménagement du logement ou du véhicule, charges spécifiques. Elle se demande avant 60 ans (avec dérogations). Elle n’est pas cumulable avec l’APA : il faut choisir. Après 75 ans, on bascule généralement vers l’APA. Il n’y a pas de plafond unique : les montants sont calibrés sur les besoins réels.

La PCH (Prestation de compensation du handicap) est une aide financière versée par le département, via la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), pour compenser les conséquences d’un handicap dans la vie quotidienne. Créée par la loi du 11 février 2005, elle vise à couvrir les surcoûts liés à la perte d’autonomie. Si elle concerne d’abord les personnes de moins de 60 ans, elle intéresse aussi les seniors : certains la conservent après 60 ans, et elle constitue une alternative à l’APA dans des situations précises. Comprendre son fonctionnement et son articulation avec les autres dispositifs est utile pour bâtir un plan de maintien à domicile cohérent.

Qui peut bénéficier de la PCH ?

L’attribution de la PCH repose sur trois conditions cumulatives, évaluées par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH :

  • Une difficulté liée au handicap : soit une difficulté absolue pour réaliser au moins une activité essentielle (se laver, s’habiller, se déplacer, s’alimenter, communiquer), soit une difficulté grave pour au moins deux de ces activités. L’évaluation s’appuie sur un référentiel national publié par la CNSA, différent du taux d’incapacité utilisé pour l’AAH.
  • Une condition d’âge : avoir moins de 60 ans au moment de la première demande. Deux dérogations importantes existent : si le handicap remplissait déjà les critères d’attribution avant 60 ans, ou si la personne exerce encore une activité professionnelle au-delà de cet âge.
  • Une condition de résidence : résider en France de façon stable et régulière.

À noter : à partir de 75 ans, une personne qui remplit les conditions de l’APA est généralement orientée vers cette dernière. Par ailleurs, une personne qui bénéficiait de la PCH avant 60 ans peut continuer à la percevoir tant qu’elle n’opte pas pour l’APA.

Que finance la PCH ? Les cinq volets

La force de la PCH est sa souplesse : elle couvre plusieurs volets, mobilisables simultanément selon le plan personnalisé de compensation (PPC) établi par la MDPH.

Volet Exemples de dépenses couvertes
Aide humaine Aide à la toilette, aux repas, aux déplacements ; c’est le volet le plus mobilisé, pouvant aller jusqu’à une présence importante pour les situations lourdes
Aide technique Fauteuil roulant, lit médicalisé, matériel adapté
Aménagement du logement Travaux d’accessibilité (douche adaptée, rampe, élargissement de portes)
Aménagement du véhicule Adaptation de la conduite ou surcoûts de transport
Charges spécifiques / animalières Surcoûts réguliers liés au handicap, chien d’assistance

Contrairement à l’APA, il n’y a pas de plafond global unique : les montants sont calibrés sur les besoins réels identifiés dans le PPC. Cela peut représenter, pour les situations les plus lourdes, plusieurs milliers d’euros par mois sur le seul volet aide humaine. En contrepartie, les critères d’accès (difficulté absolue ou grave) sont plus stricts que ceux de l’APA.

La PCH peut financer un aidant familial

Point souvent méconnu : le volet aide humaine permet de rémunérer un proche. On distingue deux cas. Le dédommagement s’applique quand l’aidant familial réduit ou cesse son activité professionnelle pour accompagner la personne ; son montant horaire correspond à la moitié du tarif de l’aide humaine (environ 8,67 € en 2026). L’indemnisation, plus élevée (autour de 13 € de l’heure), concerne l’aidant sans activité professionnelle à réduire. Ce mécanisme reconnaît financièrement le temps consacré par les proches, dans la limite d’un plafond mensuel. Pour aller plus loin sur les droits des proches, consulte notre article dédié aux aides aux aidants familiaux.

PCH ou APA : comment choisir ?

La PCH et l’APA ne sont pas cumulables : il faut opter pour l’une ou l’autre. Voici les critères qui orientent le choix :

  • La PCH s’adresse aux personnes en situation de handicap, principalement avant 60 ans. Elle se calibre sur les besoins, sans plafond unique, ce qui la rend souvent plus généreuse pour les situations lourdes. Ses critères d’incapacité sont toutefois plus exigeants.
  • L’APA vise la perte d’autonomie liée à l’âge (60 ans et plus, GIR 1 à 4) et suit des plafonds mensuels par GIR. Elle est plus adaptée à la plupart des situations de vieillissement.

Pour une personne qui bénéficiait déjà de la PCH avant 60 ans, il peut être avantageux de la conserver plutôt que de basculer vers l’APA. Un travailleur social ou la MDPH peut aider à comparer concrètement les deux options selon la situation, le niveau de besoin et les ressources.

Comment faire la demande ?

La démarche se déroule en plusieurs étapes :

  • Retirer et remplir le dossier de demande à la MDPH du département de résidence (souvent téléchargeable en ligne), accompagné du certificat médical et des justificatifs.
  • L’équipe pluridisciplinaire évalue les besoins, si nécessaire lors d’une visite à domicile, et propose un plan personnalisé de compensation.
  • La CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) statue sur l’attribution.

Le délai légal est de 4 mois à compter du dépôt du dossier complet, mais en pratique il faut souvent compter 3 à 6 mois. En cas de refus, un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) peut être formé, puis, le cas échéant, un recours devant le tribunal judiciaire. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par un travailleur social pour constituer un dossier solide.

Questions fréquentes

Peut-on demander la PCH après 60 ans ?

En principe, la première demande se fait avant 60 ans. Des dérogations existent : si les conditions étaient remplies avant 60 ans, ou si la personne travaille encore. Sinon, c’est l’APA qui s’applique. À 75 ans, la bascule vers l’APA devient la règle.

PCH et APA sont-elles cumulables ?

Non, il faut choisir. La PCH vise le handicap (avant 60 ans surtout) et se calibre sur les besoins ; l’APA vise la perte d’autonomie liée à l’âge et suit des plafonds par GIR.

Où déposer la demande de PCH ?

À la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) du département. Le délai légal est de 4 mois, mais en pratique 3 à 6 mois.

La PCH peut-elle financer un aidant familial ?

Oui, le volet aide humaine permet de dédommager (environ 8,67 €/h) ou d’indemniser (environ 13 €/h) un proche aidant, selon qu’il réduit ou non son activité professionnelle.

Sources

Cet article a une vocation informative. Les montants et conditions de la PCH évoluent chaque année ; vérifie-les auprès de la MDPH de ton département.


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